A l’ouest du Sénégal, se trouve un archipel encore peu connu du touriste et donc sans barres d’hôtels dévisageant les rivages. Le Cap Vert se divise en deux séries d’îles: au sud les îles de Sotavento (Brava, Fogo, Santiago et Maio), au nord les îles de Barlavento (Boa Vista, Sal, São Nicolau, Santa Luzia, São Vicente et Santo Antão).

C’est sur l’Île de Sal, possédant un des quatre aéroports internationaux (quand même!), que nous posons nos valises et sacs de plongée début mai. Au programme plongées bien sûr mais surtout repos et détente.

Plage de l'hôtel Melia Tortuga

Il y a peu de grands hôtels mais ceux construits sont immenses, ou quelques chambres d’hôtes sur cette île de seulement 200km2. L’objectif étant tout de même de plonger le choix s’est porté sur le 2e dans Trip: le Mélia Tortuga Beach Resort avec Club de plongées. Sachant à quoi s’attendre, nous fûmes plutôt satisfaits. C’est grand, très grand certes, mais entretenu et bien structuré. Pas de grandes barres de chambres mais de petits lotissements d’un étage de part et d’autre d’une allée pavée partant de la réception jusqu’à la plage et permettant ainsi d’accéder aux 3 piscines dont la principale avec bar et resto.

Logés dans une suite 2 chambres, avec 2 salles de bains et une cuisine, nous n’étions à deux pas serrés!! Le gros moins porte sur la bouffe: 4 resto et aucun de bon. C’est très moyen du petit déjeuner au dîner, pour un 5* même local. Aucun poisson frais, grillé, ni fruit de mer à part un peu de poulpe ou des crevettes venant d’Afrique. Il faut se rabattre sur le menu Langouste grillée au supplément de 30€ pour se régaler enfin.

L’île de Sal n’offre rien d’attrayant pour ceux qui veulent découvrir une culture différente, des paysages à couper le souffle ou visiter tous les jours. C’est un désert de 200km2 ! Et il est interdit aux touristes de se rendre tout au nord, « par delà les montagnes » (400m d’altitude !!). Nous avons tenté de comprendre mais la réponse obtenue partout est la même « c’est dangereux »! Donc pour la partie visite, le tour de l’île est la seule option. Plusieurs possibilités sont proposées tout de même (et là c’est drôle): En bus sur 1/2 journée pour rentrer déjeuner ou avec pic-nique. Et là si vous êtes français vous avez des « sorties » organisées qu’entre français. Les autres nationalités elles se mélangent quelque soit la langue, j’ai caché mon passeport en entendant ça!! En kart, par deux et avec un guide sur la demi-journée ou en quad.

Le coup des français qui ne se mélangent pas nous ayant refroidi nous optons pour la location à la journée d’un quad. Moitié prix de l’excursion matinale, nous avons en prime personne pour dire de ralentir ou accélérer. Nous partîmes (qu’à quatre et ne revinrent pas 3000) avec un couple de nantais dans le sens inverse du parcours proposé histoire de ne tomber sur aucun groupe, en longeant le rivage à partir de Santa Maria dans le sens des aiguilles d’une montre.

Au programme de ce tour de l’île, de superbes plages aux couleurs presque dignes des lagons de l’océan Indien d’un côté et le désert de l’autre. Mais ce désert change au fil des kilomètres. Rocailleux, dunes, pistes de sable ocre ou noir et enfin les petites montagnes volcaniques.
Un premier arrêt dans un village de pêcheur, très vite attrapés par quelques vendeurs sénégalais, et après la « criée », nous partons de suite plus au nord. Un stop pour apercevoir « l’oeil », reflet du soleil dans un puis naturel au milieu d’une zone de rochers et d’une piscine naturelle superbe. Arrivés après la bataille (une ou deux dizaines de touristes descendus de bus pas plus) nous avons pu profiter de ce paysage seuls après deux bonnes heures de poussière.

De là il faut traverser vers la « capitale » de l’île sur une piste digne du Paris-Dakar, longue piste puis un bidonville, des décharges et enfin la « ville » un peu plus animée aux rues pavées et petits bâtiments de couleurs vives.
Direction les salines, seules vraies attractions touristiques de Sal. Au centre d’un cratère, cette réserve de sel fait la fierté des habitants mais malheureusement propriété désormais d’un groupe italien. L’entrée est à 5€ et vous offre la possibilité de vous baigner. Il vous en coûtera 1€ de plus pour la douche (obligatoire si vous n’avez pas une peau en béton armé).

Alpagués et emmené par un habitant posté à un point stratégique au petit port de Pedra Lume, nous avons découvert le sommet du cratère. Vue imprenable et magnifique uniquement accessible en quad d’ailleurs. Quelle joie, non seulement nous avons économisé 25€ mais nous avons un panorama extraordinaire. Bon il faut tout de même prévoir un pourboire pour notre ami qui mélange aléatoirement le français, l’anglais et le portugais et ne nous apprendra pas grand chose sur ces salines. Que nenni,  il fixe sont prix à 40€! Bien essayé…

Il nous reste à redescendre toute la côte est de Sal. Côte qui porte bien le nom de l’île tant il y a de déchets sur les plages: sale, très sale. A chaque nouvelle plage ou crique nous restons au loin, ébahit par la beauté du paysage, puis écoeuré par tant de saleté. Le pire est que les capverdiens ni sont pour rien. L’île est juste mal placée et reçoit les poubelles de l’Afrique de l’Ouest ainsi que les filets et autres conneries largués par les chalutiers.
Obligés de bifurquer vers le centre, passage délicat par un canyon rocailleux, un plateau de sable et de roche, puis redescendre vers la Mecque du Kite. Plage immense, une cahute de surfeurs et du sable. C’est à travers des dunes de sable que la piste se termine en rejoignant Santa Maria sous le début du couché de soleil magique(mais plus de batterie dans le Nikon). Fin de la balade, il est 17h, tout juste le temps de faire le plein (même tarif qu’en France), de prendre un taxi pour rentrer à l’hôtel. Dieu que la bière et la douche (dans l’ordre) sont bonnes!

Autre balade à faire, se rendre à Santa Maria par la plage. Du Tortuga – bien qu’à 5-10 minutes en taxi ou navette gratuite – il faut 1h30 par la plage!! Mais il n’y a quasi personne, sauf aux abords des hôtels proches de la ville et c’est vraiment superbe. L’eau n’est pas très chaude mais tremper les jambes, jouer dans les vagues sont agréables.
A voir à Santa Maria, le ponton en fin de matinée et l’agitation des pêcheurs et capverdiens venant acheter le poisson. Discussions parfois houleuses, belles pièces comme ces nombreux diodons, murènes…
Les rues de la ville sont plutôt désertiques exceptées près des quelques minuscules bars locaux où les babyfoots trônent sur les trottoirs. Peu de capverdiens donc et beaucoup de sénégalais qui font plus que vous accoster et deviennent vite assez pénibles car toutes discussions tournent autour du portefeuille et de ce qu’ils ont à vendre. Dommage car l’accueil capverdien est très chaleureux.

Aller déjeuner chez d’Angela sur le bord de plage pour déguster un biquet grillé ou une langouste pour moins de 20€ à deux, apéros et boissons comprises!!

Une île sur laquelle je ne reviendrai pas, où de nombreux hôtels dont un Hilton sont en construction mais qui restera un agréable voyage! Je ne regrette aucunement d’y avoir poser mes tongues et mes palmes et me donne aussi envie de découvrir les petites îles du nord comme São Vicente.

Pour la plongée, il y a encore beaucoup de choses à raconter, les six faites sur les spots situés à l’est de l’Île de Sal seront donc détaillées dans un prochain article.